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Devenir moniteur de ski... Le métier, la formation, nos conseils...

Personnage incontournable de l'univers montagnard, le moniteur de ski est avant tout un pédagogue en contact avec les personnes qu'il encadre et à qui il enseigne la glisse. Le métier attire de nombreuses personnes chaque année, mais le parcours qui permet d'y accéder est long et très selectif.

Le métier

Un moniteur de ski est un éducateur sportif visant à faire progresser un public dans une ou plusieurs disciplines sportives.
Le terme de moniteur de ski est générique puisqu'il englobe aussi bien l'enseignement du ski que du snowboard ou du télémark. Il peut aussi encadrer des randonnées en raquettes (un marché qui s'est fortement développé ces dernières années) ou encore à ski. Très rares sont ceux qui usent de cette dernière prérogative, celle-ci relevant plus du domaine et des compétences des guides de haute montagne.
Le moniteur de ski est un acteur du tourisme intervenant essentiellement dans des activités de loisirs.

La clientèle

La clientèle est principalement constituée de vacanciers ayant un niveau débutant à moyen.
Bien que certains arrivent à se spécialiser dans le free ride, le free style ou la compétition, les bons skieurs sont des clients plutôt rares. Il faut donc aimer le contact et savoir aussi bien animer un groupe d'adultes que d'enfants.
Rares sont les moniteurs qui font du "bon ski" toute la journée. Les pistes destinées aux débutants, vertes et bleues sont généralement leurs terrains de prédilection!

Un métier d'extérieur

Si travailler tous les jours dehors comporte des avantages qu'il n'est pas necéssaire d'énumérer; pour les passionnés de ski, la montagne reste un milieu naturel rude. Les jours de mauvais temps, sous la neige ou la pluie, les moniteurs continuent à enseigner. L'altitude alliée au froid rendent souvent les journées longues et fatigantes.

Un métier physique et saisonnier

Un moniteur peut passer 7 à 8h par jour sur des skis en enchaînant des cours de niveau différent parfois 7 jours sur 7. Chaque hiver un moniteur peut avoir entre 3 et 5 mois d'activité. Pour certains c'est une activité complémentaire. Ils se contentent alors de renforcer les effectifs des écoles de ski durant les vacances scolaires.
Comme tous les métiers liés à un milieu naturel, l'activité dépend directement de facteurs climatiques que l'on ne maîtrise pas; et bien que les installations d'enneigement artificiel soient de plus en plus nombreuses, le manque de neige rend parfois l'activité un peu plus incertaine.

La pluri-activité

L'hiver a une fin, il est nécessaire d'avoir une autre activité. Que ce soit dans le tourisme, l'agriculture, le bâtiment... les moniteurs exercent, durant le reste de l'année, un deuxième métier leur permettant de s'assurer un revenu sur la totalité de l'année. Il est donc important de posséder plusieurs cordes à son arc.

Travailleur indépendant ou salarié

La grande majorité des moniteurs exercent au sein d'une école de ski en tant que travailleur indépendant. Ils perçoivent ainsi un salaire brut mais ne peuvent prétendre au droit au chômage ou à la sécurité de l'emploi. En compensation, les revenus sont plutôt intéressants; l'heure de cours étant rémunérée le plus souvent entre 30 et 50€.
Certains organismes, comme le Club Med ou l'UCPA, salarient leurs moniteurs.

La législation française

En France, il est obligatoire de posséder ce diplôme pour enseigner le ski contre rémunération. Il existe bien un brevet fédéral beaucoup plus accessible mais il est uniquement destiné au bénévolat.

Prérogatives

On devient Moniteur stagiaire pour une durée de 4 ans après réussite à la préformation. Une fois ce délai écoulé, si l'Eurotest n'est pas obtenu entre deux, le moniteur stagiaire conserve son test technique et sa préformation. Par contre, il perd le droit d'exercer jusqu'à l'obtention d'une nouvelle unité de formation (U.F.).
Un moniteur stagiaire peut enseigner contre rémunération, sur pistes, jusqu'à la troisième étoile. Le moniteur diplômé enseigne à tout niveau sur piste et hors piste, en raquettes et en ski de randonnée (hors itinérance). Cependant, il n'a pas le droit d'encadrer en dehors des itinéraires balisés sur glacier.

Le niveau requis

Il faut être très bon skieur et entraîné à la compétition. La polyvalence (snowboard, ski de randonnée) est un plus. Il n'y a cependant pas vraiment de règles; certains y parviennent sans avoir fait de compétition. Seuls un bon niveau technique en ski libre ainsi qu'une exellente condition physique sont indispensables.

Le cursus

Le parcours est long et exigeant. Il faut compter en moyenne 4 ans pour obtenir la totalité du diplome. Tous les stages de formation sont à vos frais et il faut également investir dans du matériel de très bonne qualité. Certains peuvent bénéficier d'un financement de formation (Pôle emploi, mission locale ou URSSAF pour les travailleurs indépendants). Rien ne vous empêche de commencer à travailler comme moniteur stagiaire contre rémunération dès l'obtention de la préformation.

Le tronc commun montagne

Pour suivre les 3 cycles du BEES ski alpin, il faut avoir validé la formation commune aux métiers de la montagne ou la formation commune au métier d'éducateur sportif. Cela consiste en des épreuves théoriques, d'anatomie, physiologie, de réglementation et connaissance du millieu montagnard.

Des formations existent mais il est également possible de se présenter en candidat libre. En contrôle continu, comptez environ un mois et demi.
Chaque année plusieurs sessions sont proposées, renseignez-vous auprès de la D.D.J.S. de votre département. Le DEUG STAPS désormais Licence 2 en donne l'équivalence.

Le premier degré

Il s'agit du test technique. Pour s'y inscrire, il faut posséder le diplôme de secourisme PSE1, ancien AFPS. La première épreuve consiste en un slalom spécial chronométré en deux manches. Au début de chaque manche, plusieurs ouvreurs de haut niveau font un temps. Le meilleur est gardé en référence.
Pour être reçu il faut réaliser lors d'une des deux manches un temps inférieur au temps de l'ouvreur (+25% pour les filles). Sachant que dans les tracés du test, les ouvreurs tournent généralement autour de 35 secondes, cela laisse 7 secondes de marge. On peut estimer que le niveau minimal requis correspond à 130 points FFS pour ceux qui partiquent la compétition.
Plusieurs tests sont organisés chaque hiver par jeunesse et sport sur l'ensemble des Alpes; mais les candidats sont limités à deux tests par an. L'hiver étant découpé en deux tranches, ils peuvent s'inscrire à un seul test dans chaque tranche. Aucune limite d'âge ni aucune obligation d'être licencié à la F.F.S ne sont demandées.

La préformation

Après la réussite au test technique, l'inscription à la préformation s'impose. Deux semaines de formation sont essentiellement axées sur la pédagogie pour débutants. Le stage est sanctionné par un examen donnant le titre de moniteur stagiaire. Un livret de formation valable 4 ans vous est alors attribué.

L'Eurotest

C'est la deuxième et principale étape à franchir. Elle consiste en un slalom géant qui se déroule sur le même modèle que le test technique. La marge y est réduite à 18% du temps du meilleur ouvreur. Nombreux sont ceux qui butent à cette étape. Une trés bonne préparation est indispensable.

Trois cycles de formation

Viennent ensuite les 3 cycles de formation, divisés en unités (U.F). Chaque unité correspond à un stage d'une ou deux semaines, organisé par l'ENSA (école nationale du ski et de l'alpinisme).
Pour plus de détails: www.ensa-chamonix.com

Après validation du troisième cycle, on obtient le BEES ski alpin 1er degré permettant d'exercer le métier de moniteur en toute autonomie et indépendance.

Le deuxième degré

Il s'adresse à ceux qui désirent se spécialiser dans l'entraînement et le ski de compétition. Il se divise en 5 unités de formation sur la biomécanique, la physiologie et les sciences humaines ainsi que sur la technique théorique et pratique liée au ski de compétition.

Le troisième degré

Il prépare à des postes à responsabilité dans le milieu du ski et à l'encadrement du ski de haut niveau.

Si vous ne pratiquez pas la compétition dans un club, il faut vous entraîner intensément.

Les organismes de formation

Certains organismes proposent des formations ayant pour but de vous préparer au test technique:

De Novembre à fin mars, ces organismes proposent des formations longues axées sur un entrainement spécifique de préparation au test technique ou à l'Eurotest.L'accès est soumis à une sélection comprenant des épreuves physiques et techniques.Presque tous proposent de s'inscrire à une ou plusieurs semaines d'entrainement hivernal sans pour autant devoir suivre l'ensemble de la formation.L'UCPA, bénéficiant de son centre de Tignes Val Claret, commence plus tôt en utilisant le glacier de la Grande Motte. Ils ont généralement le meilleur taux de réussite au test technique, mais sont certainement les plus sélectifs à l'entrée.Tous proposent des formations sérieuses, encadrées par des entraineurs très compétents.Des entraineurs de ski spécialistes de la compétition proposent des stages d'une semaine durant tout l'hiver et une partie de l'été. Parmi eux:La plupart des ESF proposent également des stages compétition.Ces stages, bien qu'un peu couteux sont d'une très bonne qualité. Les techniciens qui les encadrent vous feront rapidement gagner quelques précieux dixièmes.

Les clubs de ski

Ils n'ont pas la vocation de préparer spécifiquement au test technique. Par contre, il est tout à fait indiqué de pratiquer le ski en compétition pour passer le BEES de ski alpin. N'hésitez pas à contacter le club près de chez vous. Ils sont partout en France même dans certaines grandes villes.
Les taux de réussite au test technique et à l'Eurotest sont faibles. Le cursus est long et coûteux. Le métier est en revanche bien rémunéré et rares sont les moniteurs de ski sans emploi pendant la saison d'hiver.
Au delà d'un simple métier c'est également un choix de vie, celui d'être quotidiennement au plein air...sur des skis.

Photos: Sports-Hiver.com